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La crise liée à l’épidémie du coronavirus impacte fortement la trésorerie de beaucoup d’entreprises, et notamment on le sait bien, les plus petites d’entre elles.
Elles subissent en effet aujourd’hui une baisse brutale de leur activité tout en devant continuer à payer diverses charges qui, elles, restent inchangées.

C’est le chat noir de tout entrepreneur : aussi rentable puisse être son offre, une trésorerie nette négative mettra inévitablement en danger son organisation.
Vous vous inquiétez pour vos liquidités et pour la pérennité de votre entreprise ?

Nous vous livrons dans cet article 3 conseils pour vous aider à adapter votre stratégie de gestion de trésorerie dans le contexte de crise sanitaire du COVID-19, notamment grâce à toute une série de mesures du gouvernement.

Gérer sa trésorerie en temps de crise

1. Réagissez à court terme : les mesures pour limiter les frais et soulager votre trésorerie

Sonnées par le ralentissement brutal de leur activité, la plupart des entreprises sont confrontées à un enjeu de taille sur le court terme : la chute des rentrées d’argent mais la poursuite des dépenses.

Ainsi, la priorité immédiate pour un dirigeant d’entreprise est de minimiser les pertes afin de pouvoir continuer à payer ces dépenses fixes, sans tomber dans le rouge.

Dans ce sens, l’État a mis en place des dispositifs pour réduire les tensions sur votre trésorerie et pouvoir poursuivre l’activité jusqu’à ce que la situation s’améliore.

Le report du paiement des factures

Tout d’abord, les plus petites entreprises en difficulté bénéficient d’un droit de report du paiement de leurs charges d’exploitation, notamment les factures d’eau, d’électricité et de gaz, par une demande à l’amiable auprès de leur fournisseurs.

Elles doivent pour cela être éligibles au fonds de solidarité (voir plus loin).

À savoir : en cas de difficulté dans la négociation du report de vos factures d’eau ou d’électricité, vous pouvez avoir recours au Médiateur des entreprises.

Le report des loyers

D’autre part, le gouvernement a annoncé l’annulation de trois mois de loyers pour les TPE qui ont été contraintes de fermer dans le cadre du confinement.

Pour les PME dans la même situation, les bailleurs sont incités à reporter les paiements des loyers commerciaux.

Le report des échéances fiscales et sociales

Aussi, les échéances fiscales et sociales peuvent être repoussées ou échelonnées, jusqu’à 3 mois sans pénalités.

Concrètement, cela veut dire que vous pouvez bénéficier de remises d’impôts directs ou d’un délai de paiement en vous rapprochant du SIE dont relève votre entreprise.

Dans la même logique, vous avez la possibilité de reporter tout ou partie du paiement des cotisations salariales et patronales, sans démarches particulières.

Les employeurs doivent ainsi effectuer leur déclaration sociale nominative sur le site de l’Urssaf, mais peuvent moduler leur paiement en fonction de leurs besoins : montant à 0, ou montant correspondant à une partie des cotisations seulement.

À savoir : nous vous conseillons de signaler par écrit toute modulation de paiement à l’Urssaf. Si vous décidez de ne payer que les cotisations sociales tout en reportant les charges patronales par exemple. Connectez-vous à votre espace en ligne sur urssaf.fr : « Nouveau message », « Une formalité déclarative », « Déclarer une situation exceptionnelle »

Le chômage partiel

Dernier point : l’État a renforcé le dispositif du chômage partiel, vous soulageant ainsi du poids de la masse salariale dans vos coûts, ce qui vous permet de gérer la baisse d’activité ponctuelle liée à l’épidémie du coronavirus sans avoir à licencier de salariés.

2. Anticipez la reprise : les mesures d’apport de trésorerie

La seconde priorité d’un dirigeant d’entreprise doit être d’élaborer une stratégie de long terme vis-à-vis de sa trésorerie pour anticiper l’après-confinement.

En effet, il est vital de se projeter car la reprise nécessitera de dégager du cash pour financer la hausse des besoins en fonds roulement (BFR), autrement dit pour financer le montant de liquidités qui sera indispensable au bon fonctionnement de l’entreprise quand l’activité reprendra.

Dans ce contexte, le gouvernement a sorti l’artillerie lourde en matière de prêts pour permettre à chacun de rebondir le plus rapidement possible dès la fin de la crise.

Le prêt garanti par l’Etat 

D’une part, toutes les entreprises peuvent bénéficier des prêts garantis par l’État (PGE), mesure phare du plan d’urgence.

Il leur suffit de se rapprocher de leur banque pour profiter de ce prêt de trésorerie allant jusqu’à 25% du CA de 2019, sans avoir de caution à mobiliser puisque l’État se porte garant.

Les prêts Atout et Rebond de Bpifrance

Par ailleurs, Bpifrance met à disposition des prêts sans garantie pour financer un besoin de trésorerie ponctuel lié à la conjoncture, dans l’attente d’un retour des conditions normales d’exploitation :

  • Le prêt « Atout » d’un côté : remboursable sur 3 à 5 ans à un taux variable ou fixe de 2%. Il varie entre 10 000 et 5 millions d’euros pour les PME, et jusqu’à 30 millions pour les ETI ;
  • De l’autre côté, le prêt « Rebond » : mis en place avec les branches régionales de Bpifrance, il s’adresse aux TPE et PME répondant à certains critères. Ce prêt à taux zéro est remboursable sur 7 ans et peut atteindre les 300 000 euros.

Le fonds de solidarité 

Enfin, outre les mesures de prêts, sachez que des aides financière ont été mobilisées pour les plus petites entreprises confrontées à des difficultés de trésorerie à cause de la crise du COVID-19 : le fonds de solidarité.

Sont concernés par cette aide pouvant aller jusqu’à 1 500 € : les TPE, indépendants, micro- entrepreneurs et professions libérales répondant à certaines conditions d’éligibilité.

À savoir : pour les situations de trésorerie les plus urgentes, un soutien complémentaire d’un montant de 2 000 à 5 000€ pourra être octroyé.

3. Ne restez pas seul, faites-vous aider dans votre gestion de trésorerie ! 

Les ressources en ligne

D’une part, beaucoup d’organisations sont mobilisées pour vous conseiller et vous aider à faire face à vos difficultés de trésorerie en cette période particulière.

Un bon début est de se rendre sur le site de Bpifrance, qui tient régulièrement à jour une synthèse des mesures mises en œuvre en faveur des entreprises dont la trésorerie a été fragilisée par le COVID-19, et sur lequel vous trouverez aussi des fiches pratiques très bien faites.

À cela s’ajoute l’outil d’aide en ligne du ministère de l’Économie et des Finances, visant à répondre à toutes les interrogations des chefs d’entreprises, quelle que soit leur taille et leur activité. Pour les entreprises ayant des questions plus complexes et spécifiques, une liste de contacts allant de la CCI à la DIRECCTE est disponible ici.

Aussi, comme conseillé dans notre édito portant sur la crise que nous traversons aujourd’hui, vous pouvez consulter le bel article de France Digitale, qui rassemble des outils et contacts dont vous pouvez avoir besoin.

Les médiateurs des relations commerciales et des crédits

D’autre part, dans le contexte actuel, beaucoup d’entreprises ont le réflexe de jouer sur la trésorerie de leurs fournisseurs pour sauver leurs propres liquidités. En temps de crise, ce comportement a tendance à se généraliser, et toutes les entreprises se retrouvent touchées, au risque de conduire à un effet domino.

C’est ainsi que le Médiateur des entreprises se positionne en intermédiaire gratuit pour vous aider dans la résolution amiable d’éventuels litiges ; les retards de paiement de vos clients en sont un exemple.

À savoir : cette démarche est totalement confidentielle. Après avoir déposé votre saisie, un médiateur prend contact avec vous dans les 7 jours afin de définir avec lui un schéma d’action.

Par ailleurs, n’hésitez pas à faire appel au Médiateur du crédit, véritable soutien de la Banque de France dans vos négociations avec votre banque pour un rééchelonnement de vos crédits professionnels.

Votre expert comptable, votre meilleur allié

Enfin, votre expert-comptable est votre meilleur allié dans votre gestion de trésorerie. C’est en effet lui qui connaît la quantité de carburant dont dispose votre entreprise et celle dont elle a besoin pour fonctionner.

En tant que tel, c’est avec lui que vous serez le plus à même d’élaborer et retravailler votre stratégie d’optimisation de fonds de roulement.

Profitez de son expertise pour établir avec lui les scénarios de sortie de confinement pour évaluer vos besoins par exemple. Il vous orientera et veillera à bien prendre en compte le paiement des échéances reportées, le remboursement des prêts de trésorerie que vous allez solliciter, l’augmentation exceptionnelle des BFR etc.

À savoir : si vous en sentez le besoin, n’hésitez pas à changer d’expert-comptable. Ces professionnels ont généralement leur « spécialité », et il peut être pertinent de faire appel à quelqu’un aux compétences plus adaptés à vos spécificités.

Pour finir, un mot pour insister sur le fait que cette crise est aussi un test de votre résilience. Avec l’aide de votre expert-comptable, mais pas seulement, transformez ce moment de paralysie en opportunité pour revoir toute votre culture de gestion de trésorerie.

Cherchez les bonnes pratiques, révisez par exemple les manières d’améliorer vos stocks ou encore de favoriser le variable afin d’être plus réactif lors de la prochaine chute de la conjoncture !

Le capital social en tirelire

Cet article s’inscrit dans le contexte actuel de crise sanitaire liée au COVID-19 qui a conduit l’État a mettre en place un plan d’urgence pour amortir le choc économique. Après sa lecture, vous devez désormais avoir une vision globale de ces mesures permettant aux dirigeants d’entreprise de soulager et de sécuriser leur trésorerie en attendant la reprise.

Vous avez besoin d’un accompagnement juridique et administratif pour votre entreprise ? N’hésitez plus et prenez rendez-vous gratuitement avec l’un de nos conseillers Formalizi. 

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Questions fréquentes

Qu’est-ce que le prêt garanti par l’État ?

Le prêt garanti par l’État (PGE) est un prêt de trésorerie, pouvant aller jusqu’à 3 mois de chiffre d’affaires. L’Etat se porte garant de 70 à 90%, selon la taille de l’entreprise. L’autre partie du risque revient à la banque.

Quel est le montant maximal du prêt garanti par l’État ?

Le prêt garanti par l’Etat ne dépasse pas les 25% du chiffre d’affaires hors taxe 2019. Pour les entreprises crées après mars 2019 ou dites innovantes, ce plafond est fixé à 2 années de masse salariale.

Qui est éligible au fonds de solidarité ?

Les TPE, indépendants, micro-entrepreneurs et professions libérales qui ont dû fermer à cause du confinement ou qui ont perdu plus de la moitié de leur chiffre d’affaires en avril 2020 en comparaison à avril 2019. Elles doivent avoir 10 salariés au plus, faire moins d’1 million d’euros de CA ainsi que moins de 60 000 euros de bénéfice.

À quoi sert le prêt Atout ?

Le Prêt Atout de Bpifrance sécurise la trésorerie d’une entreprise pour lui permettre de soulager ses tensions de trésorerie passagères (et non structurelles), dans l’attente d’un retour à la normale de l’activité.