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Illustration : Kim Salt

Le confinement instauré depuis le 16 mars bouleverse l’économie dans le sens le plus large du terme. Les cours boursiers s’affolent, les entreprises se réorganisent en interne, 6 millions de français au chômage partiel. Certaines voient leur activité chuter, quand d’autres la voient exploser, à l’instar de Zoom.us dont le nombre d’utilisateurs a augmenté de 2000% en quelques semaines. Comment réagir face au confinement et au Covid-19 ? Quelles leçons économiques à tirer ?

1. Le télé-travail : la découverte d’un mode de travail productif, sans bouger de chez soi

Dans un premier temps, il est important de regarder la situation exceptionnelle dans laquelle se retrouve plus de 90% des entreprises : le télé-travail à temps plein. La tendance était grandissante, et les salariés de plus en plus au fait depuis quelques année mais la gravité de la situation actuelle a mis un sacré coup de pied dans la fourmilière. « Forcés » à travailler depuis chez nous, quels sont les constats ?

  • Le temps dans les transports épargné nous permet-il de nous adonner à de nouvelles activités ? Ou simplement de dormir un peu plus longtemps ?
  • Le nombre de réunions a-t-il diminué ? Si oui, a-t-on pourtant perdu ou gagné en productivité ?
  • Quel confort retrouvons-nous depuis chez nous ? Depuis combien de temps n’avions-nous pas passé autant de temps avec nos proches ? (peut-être trop me direz vous…)

Ce qui est certain, c’est qu’avec un peu de rigueur, le télé-travail peut devennir une partie de plaisir s’il est bien optimisé. On évolue dans un environnement qui nous est familier, et à un rythme plus équilibré. On favorise des mails récapitulatifs complets plutôt qu’une réunion en visio, on cherche à optimiser son temps et on se donne des cadres géographiques et temporels. Ce qui manque au télé-travail, c’est évidemment l’aspect social du travail dont nous sommes « privés ». La cohésion d’équipe est plus compliquée à assurer. Ce qui est sûr, c’est que nous avons tous très envie de nous retrouver, déconfinés et réunis.

Quelques bonnes habitudes peuvent vous permettre de garder le cap, depuis chez nous :

  • Se faire un programme détaillé de ses journées, et de s’y tenir ;
  • Prévoir des pauses dans la journée et ne pas chercher uniquement à prouver que l’on travaille bien depuis chez soi. Des études montrent qu’une pause de 10 minutes toutes les heures seraient fortement bénéfiques pour la productivité. La technique Pomodoro promeut même 25 minutes de travail suivies de 5 minutes de pause, puis 15 minutes de pause toutes les deux heures. Cela permet une productivité et une concentration maximisées ;
  • Séparer physiquement les espaces de travail et de détente ;
  • Regarder ses accomplissements au quotidien pour rester motivé : écrire noir sur blanc ses objectifs chaque jour pour se rendre compte de ses avancées.

Cette période de travail à distance va, sans aucun doute, bouleverser le quotidien des travailleurs qui voient maintenant dans le télé-travail plus de liberté et plus d’efficacité. Une fois déconfinés, sa généralisation et l’augmentation de sa fréquence pour chaque travailleur est inévitable… et très enviable !

2. Le confinement et la fermeture des frontières : le retour au local ?

Le confinement a amené les populations à se confiner chez elles, mais aussi les pays à se confiner en fermant leurs frontières. C’est la première fois depuis le début de la mondialisation que nous connaissons un tel frein au commerce et aux échanges internationaux. Pour la première fois, l’économie mondiale a montré une faiblesse : la rapidité d’échange de biens et d’informations a conduit à une transmission tout aussi rapide d’un virus, qui touche maintenant tous les pays du monde. L’économie s’est mondialisée pour le meilleur, et pour le pire. Maintenant que les frontières sont fermées, que le commerce international fonctionne au ralenti, comment réagir ?

Tout d’abord, cette situation nous permet de réaliser, à l’échelle nationale, ce pour quoi nous sommes dépendants de l’étranger. Nous observons ainsi un retour au local, vers une production française censée assurer l’indépendance du pays dans tous les domaines : santé, énergie, alimentation, … Ensuite, le retour au local apparaît aussi à l’échelle des villes et des régions. On se rend compte que nous avons des producteurs de légumes, viandes, et de tous nos autres besoins quotidiens, à côté de chez nous ! On réalise aussi que leurs prix ne sont pas tant supérieurs à ceux pratiqués en supermarché. Non seulement nous savons qui sont les producteurs, mais aussi comment ces produits sont arrivés jusqu’à nous, notamment grâce au circuit-court. En agissant ainsi, nous redynamisons aussi l’économie locale et le soutien à nos chers agriculteurs et producteurs locaux.

Notre amour inconditionnel pour l’économie mondialisée et les échanges à tout prix montrent à présent leurs limites. Cette crise sans précédent pourra, espérons-le, avoir un impact positif et durable sur nos façons de consommer au quotidien, vers l’économie locale et de proximité.

3. Le confinement et l’apparition de secteurs porteurs

L’apparition de nouvelles habitudes (télé-travail, développement personnel, loisirs à domicile ; à retrouver dans notre édito #1) a eu un impact direct sur l’économie. Des secteurs ont connu une baisse significative, quand d’autres ont connu une croissance fulgurante. On en retrouve une très belle illustration dans cet article de Stackline pour les produits du e-commerce qui ont connu la plus grosse croissance.

Il est ainsi logique que les secteurs liés au travail à distance, aux loisirs à domicile, et au transport aient connu une recrudescence.

  • Les facilitateurs de travail à distance comme Zoom (+2000%), Microsoft Teams, Slack ont connu une croissance de leur nombre d’utilisateurs exceptionnelle. Ces outils sont devenus le support inévitable du travail collaboratif à distance. C’est grâce à eux si nous pouvons continuer à travailler à distance, en équipe, de façon efficace !
  • Les formations en ligne, e-learnings, MOOCs, qui permettent d’apprendre à distance. Les entreprises peuvent alors revoir leur stratégie de formation des employés pendant cette période, et profiter de la baisse d’activité pour que les ressources humaines puissent en profiter. Des plateformes éducatives comme LiveMentor ou Open Classrooms ont développé des formations très approfondies sur des verticales métier (devenir Data Scientist, développeur web,…), des domaines (le marketing digital, e-commerce) ou des compétences précises (communiquer pour son entreprise sur les réseaux sociaux, le SEO, public speaking,…). Le confinement est le bon moment pour vous former, et former vos équipes !
  • Les coachs en ligne, que ce soient des coachs sportifs (freeletics, fitnext, ou Down Dog), ou des professeurs particuliers (Superprof ou Les Sherpas) ont connu une croissance logique exponentielle ! On en profite pour apprendre de nouvelles langues, pour faire du sport, et se former, et cela leur profite logiquement ;
  • Les secteurs des services financiers, information et télécommunication s’en sortent aussi très bien en ces temps de crise (source : Xerfi, Etude Covid-19 : la contagion sectorielle de l’économie réelle).
SCI

L’économie mondiale est à l’épreuve du Covid19. Des changements structurels profonds sont en train de se produire. Il y aura bien un avant, et un après. L’important aujourd’hui est de tirer profit au maximum de cette crise. Comment est-ce que nous préférons travailler ? A moitié chez nous, à moitié au bureau, tout le temps au bureau, tout le temps chez nous ? Comment consommer en ces temps de crise et après la crise : revenir au 100% local ou continuer de favoriser les échanges internationaux à tout prix ? **Sur quels secteurs devenons-nous maintenant nous concentrer : lutter pour faire continuer notre activité et/ou chercher de nouvelles opportunités ?

Toutes ces questions sont cruciales pour pouvoir sortir plus fort du confinement… en ayant appris les leçons qu’il cherche à nous donner.

Pascal de Formalizi

Pascal Asselin – CEO & Fondateur

 

Ancien élève de l’em Lyon Business School, Pascal est un entrepreneur dynamique et ambitieux. Il souhaite apporter un vent de fraîcheur à l’entrepreneuriat en France en libérant les dirigeants des contraintes juridiques et administratives.

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